
EUROVISION RIPOSTE – La bataille s’annonce plus corsée, les radiodiffuseurs européens s’unissent pour souligner les dangers des propositions de l’UE en matière de spectre.
Bruxelles, le 13 novembre 2007 – En réponse à la proposition « télécoms » de la Commission Européenne, les radiodiffuseurs européens* s’alarment du fait que l’ouverture à la téléphonie mobile des bandes réservées à la radiodiffusion risque de créer d’importants problèmes d’interférences.
« Les interférences ne sont pas un problème négligeable. Il faut garantir la stabilité et la haute qualité du son et de l’image aux téléspectateurs et aux auditeurs qui ont investi dans des appareils numériques » déclarent les radiodiffuseurs. Les interférences causées par les téléphones mobiles
pourraient entraîner la perte subite et totale de l’image et/ou du son.
L’une des propositions de la Commission, qui est la neutralité de service, permettrait d’utiliser tous les domaines du spectre des radiofréquences pour n’importe quel service. Si la téléphonie mobile était autorisée dans les bandes réservées à la radiodiffusion, les consommateurs risqueraient de subir des interférences considérables**, même si l’on introduisait des « sous-bandes » dans les bandes de radiodiffusion pour les applications de téléphonie mobile.
Par ailleurs, les radiodiffuseurs estiment que « la gestion basée sur le marché, du spectre radio dans les bandes de radiodiffusion, constitue une menace pour les systèmes de radiodiffusion européens ». Il se peut que la souplesse et l’exploitation du spectre accroissent les revenus de certains acteurs, mais cela risque aussi de limiter l’utilisation efficace du spectre et la pluralité de l’offre. Si le spectre est conçu pour produire de la valeur, ce ne devrait pas être uniquement une question d’argent. Ils
soulignent que : « les consommateurs sont en droit d’attendre plus de qualité, et non pas moins, du passage au numérique. »
Les radiodiffuseurs se félicitent certes de la reconnaissance par la Commission de la nécessité de prévoir des exemptions au principe de neutralité de service, mais ce n’est pas suffisant. Les structures de la radiodiffusion et des marchés des médias d’Europe diffèrent grandement, tout comme les besoins et les attentes du public. Par conséquent, « les États membres doivent garder leur liberté de décider de l’utilisation du spectre dans les bandes réservées à la radiodiffusion, afin de promouvoir
leurs politiques audiovisuelles, le pluralisme des médias et la diversité culturelle et linguistique »
Remarque à l’intention des journalistes : * Parmi les radiodiffuseurs qui collaborent à ce sujet figurent les radiodiffuseurs de service public qui sont Membres de l’Union Européenne de Radio-Télévision, Lagardère active, le groupe Canal+, le groupe ProSiebenSat.1, le groupe RTL, five, la VPRT et l’AER



